TEMPI FA

Dossier instruit par Dominique Benetti 8-H-11.213.411


Mis en ligne le 28 septembre 2022


Les Corses prisonniers des Barbaresques, libérés par Louis XVI en 1779
(d'après un manuscrit original de la bibliothèque municipale de Bastia1)

En 1778, la guerre d'Amérique éclate et il est indispensable - depuis que la France a perdu Minorque (1763) - de s'assurer la fidélité de la Corse française depuis 1768, car l'île pourrait être séduite par l'Angleterre (comme elle le sera d'ailleurs quinze ans plus tard, lors du royaume anglo-corse).
Pour s'attacher les populations corses, Louis XVI imagina alors de faire racheter des Corses détenus comme esclaves à Alger et Tunis, lesquels " avaient attiré auprès d'eux leurs épouses et leurs enfants ". " La présence de ces captifs - rentrant libres dans leur patrie - sera un spectacle bien frappant pour la nation corse et un monument de la bienfaisance du roi ".2

Louis XVI donne donc ses premiers ordres à Sartine, secrétaire d'Etat à la marine, dès le début des hostilités avec l'Angleterre. Aussi Sartine, excellent restaurateur de la marine française (après Choiseul), commença-t-il par entrer en relation avec le comte de Marbeuf, gouverneur de Corse, Boucheporn, intendant de Corse, et le commissaire des ports et arsenaux en Corse : M. Reynier du Tillet. En février 17783, Sartine entre en relation avec les supérieurs des Ordres de la Rédemption des captifs : celui de Notre-Dame de la Mercy et le Général de l'ordre des chanoines réguliers de la Sainte-Trinité. Mais Louis XVI en reste là. L'année passe et le roi abandonne les Corses à leur sort dans leurs bagnes respectifs d'Alger et de Tunis.

Un an plus tard, les relations entre la France et la Corse sont particulièrement tendues. Les Etats de Corse s'ouvrent à Bastia, le 25 mai 1779. Or le député de la noblesse de Corse - Giacomo Pietro Abbatucci - l'un des principaux personnages de l'île, est en train d'orchestrer une véritable " fronde " contre Versailles dont il estime la politique d' " assimilation " à la France beaucoup trop poussée.
Homme de grande culture, lettré et poète à ses heures, il est accusé d'être l'auteur d'un pamplet La Corsica ai suoi figli (La Corse à ses fils). Fin mai 1779, sur ordre de Louis XVI, il est donc arbitrairement cassé de son grade de lieutenant-colonel d'infanterie (reçu en 1771). Emprisonné à Bastia, il est condamné le 5 juin 1779 par arrêt du Conseil supérieur de la Corse, par quatre voix contre trois, à neuf ans de galère, à la fustigation publique et à la marque au fer rouge ! Toute la noblesse corse réunie à Bastia s'indigne et proteste par solidarité à l'égard d'Abbatucci, maintenu noble le 21 décembre 1776. Le jour de la sentence à Bastia, pas un Corse dans les rues, pas un soldat corse : le bataillon Provincial, prêt à se soulever (Abbatucci est lieutenant-colonel du Provincial-Corse est consigné dans ses foyers ; pas un témoin sur la place du supplice. Même le bourreau refusa de marquer au fer rouge le futur maréchal de camp puis général comte Abbatucci (1723-1813). Abbatucci fut précipitamment embarqué pour Toulon dans une ambiance irrespirable et alla rejoindre un temps au bagne de Toulon son compatriote, le comte de Petriconi, autre ennemi personnel de Marbeuf, nommé par Louis XVI gouverneur de Corse.4

Dans cette atmosphère extrêmement lourde, Louis XVI voulut faire un véritable " coup " publicitaire en Corse visant à faire naître " dans l'âme de ces nouveaux sujets " des " sentiments d'attachement, de fidélité, de reconnaissance et d'amour ".5
Sartine fut aussitôt chargé de reprendre le dossier d'un éventuel rachat de captifs corses dans les bagnes barbaresques afin d'imposer une image positive du roi en Corse. Sartine recontacta donc les supérieurs des deux ordres Rédempteurs et tous deux eurent pour mission de racheter les Corses prisonniers sur " les fonds dont ils étaient dépositaires. "
Afin d'enrayer le mécontentement populaire qui gronde en Corse dès les premiers mois de 1779, furent immédiatement dépêchés à Marseille le R.P. André Gache, chanoine régulier de la Sainte-Trinité, ministre de Saint-Nicolas de Pontharmé, procureur général de la Rédemption des captifs et le R.P. Charles-Gaspard Dorvaux, ministre de la maison de Metz, provincial de la province de Champagne, autre religieux de la Sainte-Trinité. L'ordre de la Mercy leur adjoignit deux autres " commissaires " : le R.P. Cloudchevillan, vicaire général de la Congrégation de Paris et le R.P. de Villa, Provincial de la province de Guyenne.
Très vite, les quatre " commissaires " entrent en contact avec M. de Saizieu, chevalier de Saint-Michel, consul de France à Tunis, afin de négocier dans l'urgence les conditions d'un éventuel rachat. Se mettent alors en branle le commissaire des ports et arsenaux de Marseille (Bertin), la Chambre de Commerce et l'évêque de Marseille, tous sollicités par le R.P. Gache, dont la pieuse et vieille mère vit toujours à Marseille. En peu de jours, l'affaire est conclue d'abord avec le bey de Tunis puis avec le dey d'Alger : tous deux acceptent de céder aux deux ordres rédempteurs, et pour 250 000 livres environ : 57 esclaves corses, outre " 24 femmes et enfants des dits esclaves. " L'opération publicitaire peut donc commencer. C'est la dernière négociation de l'Ancien Régime entre le Roi, les Corses et les Barbaresques.

Premier point positif : certains captifs corses sont " originaires des environs de Bastia ", mais " un nombre considérable était de Bonifacio ". Par conséquent, du Nord au Sud, toute l'île rendra grâce à Louis XVI pour avoir racheté un fils, un époux, un père. Deuxième point important : la somme est considérable (un capitaine de vaisseau gagne alors 1800 livres par an). Mais ce sont les ordres rédempteurs qui procèdent au rachat de leurs deniers. La cassette du roi et le budget de la marine ne subiront donc aucune ponction.
Reste à s'assurer du bon état des " captifs ". Un adjoint du bey de Tunis s'en porte garant (Ali-Chiaou) mais l'un d'entre eux mourut néanmoins en Barbarie avant même d'embarquer.
Pour les autres, ils furent rapidement recensés, étant assez souvent restés groupés au bagne, entre compagnons d'infortune, et ayant le plus souvent été capturés ensemble à la mer. Du reste, la plupart sont matelots. Le recensement permit d'établir les deux listes suivants :

Corses rachetés à Tunis en 1779

(le chiffre entre parenthèses indique le nombre d'années d'esclavage; on notera un jeune homme qui a passé déjà plus de la moitié de sa vie au bagne (16 années sur 28) et un vieillard de 80 ans qui totalise 41 années d'esclavage).
-AGOSTINI (Antoine), 39 ans, de Mariana, matelot (12 ans)
-AITELLI (Félix), 39 ans, matelot, de Mariana, (16 ans)
-ARA (Antoine) et sa fille
-ARICCIA (Antoine-Jean d')
-ASTI (François)
-BUCUGNIANI (Marc-Antoine), 49 ans, matelot de la paroisse Sainte-Marie de Bonifacio, (18 ans), son épouse Angiela et 5 enfants garçons et filles,
 dont l'aîné " n'a que 7 ou 8 ans ", preuve du mariage de Marc-Antoine à Tunis au bout de dix années de captivité. Du reste, " le plus jeune (des enfants) est encore à la mamelle ". Arrivée malade à Marseille, Angiela y passa quelques jours au lazaret. Marc-Antoine, malade lui aussi, fut débarqué à Calvi ne pouvant rester à bord jusqu'à Bastia. Il est du reste mort à l'hôpital de Calvi. Quelques secours furent demandés au roi pour sa famille restée " sans ressources " à peine débarquée " dans une misère plus affreuse encore que la captivité ".
-BUCUGNIANI (Mathieu), son épouse Marie et leurs enfants (un garçon et une fille)
-CAREGA (Vincent) et Marie-Jeanne son épouse
-CASTELLINI (Joseph)
-CIAPARRO (Nicolas)
-CORSIGLIO (Barthélemy)
-COSTA (François) et sa fille
-FERETTI (Marc)
-FRATINI (Pierre)
-LANTIERI (Joseph)
-LANTIERI (Vincent)
-MARCHETTI (Sébastien), matelot, 80 ans, de Sagona (depuis 41 ans)
-MARINI (Joseph), matelot, 62 ans, d'Ajaccio (31 ans)
-MATTEI (André), 44 ans, matelot, de Mariana (12 ans), son épouse Fiora et leurs deux filles
-MATTEI (Joseph), 36 ans, matelot, de Mariana (12 ans)
-MATTEI (Jean-Charles), "grand écrivain", 62 ans, de Nebbio (33 ans)
-MURLANI (Laurent) et Barbe son épouse
-NAPOLIONI (Joseph), 36 ans, matelot, de Mariana (17 ans)
-PAGANO (Dominique)
-PAGANO (Luc),
 mort au lazaret à Marseille, durant la quarantaine, le 4 août 1779 aux infirmeries et inhumé le 5.
-POTESTA (Dominique), matelot, 49 ans, de Mariana (16 ans)
-ROSSY (Georgio), capitaine, 47 ans, de Sagona,
 et " chef " du groupe des esclaves ramenés de Tunis (c'est lui qui a la liste de ses compagnons d'infortune). Accompagné de deux de ses filles.
-SCASSO (Ange)
-SCIORBA (Boniface)
-SCIORBA (Jean-Baptiste)
-TURELLI (Louis)
-VALLICACCI (Anastase), " Grec Corse ", 36 ans, d'Ajaccio, (12 ans) et son épouse Cécile.
 " Il paraît sage et honnête " (Marbeuf)
-VALSI (François), matelot, 54 ans, du diocèse de Mariana, (12 ans)
-VENTURINI (Augustin), 28 ans, matelot, de Mariana, (16 ans).
 A peine arrivé à Bastia, ce malheureux jeune homme y est mort. Il est enterré en l'église paroissiale Saint-Jean-Baptiste. Tous les captifs ont assisté à son enterrement.

Corses rachetés à Alger en 1779

-ANGIELI (Barthélemy)
-BLANCHETTI (Jacques)
-CAMUGLI (Joseph-Marie)
-CANUCCIO son épouse et ses deux enfants
-CHIESA (Sébastien)
-CORTI (Etienne)
-CULETTI (Jean-Antoine)
-FERETTI (André)
-GIUDICE (Antoine)
-GIULIO (Pierre)
-JACOBO (Martin)
-LEGA (Dominique)
-MARTISI (Marie-Madeleine)
-MATTEI (Pascal)
-MATTEI (Thomas)
-PARODI (Joseph)
-PIETRI (Pierre-François de)
-ROSSI (Jean)
-SIMONI (Jacques-François)
-TUMETI (Dominique)
-VITELLI (Antoine)
Coût du rachat, y compris la rançon, le voyage Tunis / Alger, Alger / Marseille, Marseille / la Corse, vêtements des " esclaves ", voyage des quatre " commissaires " : 119 954 livres, 2 sols, 2 deniers payés par les Pères de la Sainte-Trinité et " pareille somme " par les Pères de la Mercy. Non compris 600 livres versées au Grec Corse Vallicacci, pour lui permettre de " se pourvoir des choses nécessaires à la culture ".

Cette somme de 250 000 livres environ comprend
1°) la rançon payée au bey et au dey,
2°) les frais de voyage (dont 8000 livres pour la seule location (ou " nolisement ") d'un senau neutre - suédois -, le Saint-Octave, commandé par le capitaine André Aspengren),
3°) le transport des captifs d'abord de Tunis à Alger (pour le " chargement " des autres) puis d'Alger à Marseille et
4°) le rapatriement des Corses de Marseille à Bastia avec des escales d'abord à Calvi puis à Saint-Florent afin de transformer le retour des " esclaves " en véritable entreprise de propagande pro-française.

Le 13 mai 1779, Sartine reçoit à Paris les quatre " commissaires " religieux et leur affirme son " désir qu'ils fassent connaître en Corse " l'opération caritative du roi.6
Le 18, ceux-ci prennent la diligence à Paris.
Le 22, ils arrivent à Lyon.
Le 25, la diligence d'eau (sur le Rhône) les conduit en Avignon. Ils y arrivent le 27.
Ils en partent dès le lendemain.
Le 29, ils " dînent " (le repas de midi) à Aix et arrivent en fin d'après-midi à Marseille.

De l'autre côté de la Méditerranée, le 10 juin, les captifs corses embarquent à Tunis puis passent à Alger (après le 5 juillet) prendre leurs compatriotes détenus au bagne.
Le 23 juillet, les Corses débarquent à Marseille, tous " en bonne santé ", accompagnés d'Ali-Chiaou " seigneur turc que le bey de Tunis a chargé de suivre les captifs pour veiller à la sûreté de leur navigation ".
Le 23 au soir : " leurs chaînes sont brisées ".
Après une quarantaine de 18 jours aux " infirmeries " de Marseille, Marbeuf et Boucheporn sont informés le 28 du prochain départ des captifs de Marseille.
Le 30, les quatre commissaires, arrivés à Toulon, rencontrent le marquis de Saint-Aignan, commandant de la marine en ce " grand département " et l'intendant Boucheporn, arrivé aussi à Toulon avec son épouse. Les commissaires sollicitent une escorte militaire craignant de rencontrer en mer des corsaires anglais. Saint-Aignan les rassure.
A Marseille, les commissaires de retour, le séjour des Corses est marqué par différentes manifestations, notamment des processions jusqu'à la place de la Loge (où se dresse l'Hôtel Franceschi de Cannelle, depuis 1610 environ) et jusqu'à la place de Lenche (le grand armateur cap corsin de 1533), processions faites avec des drapeaux aux armes des deux ordres religieux, des bannières et des croix des deux communautés, suivies de messes d'action de grâces et autres Te Deum. Les lieux choisis (Hôtel de la Loge et Place Lenche) ne peuvent que rappeler aux " captifs " combien la France de François Ier ou des Bourbons a permis aux Corses de " réussir " dans le royaume. Ces lieux n'ont pas été choisis au hasard. Puis les Corses furent " rhabillés " avant d'embarquer pour leur île.

Les quatre commissaires sont alors priés d'embarquer afin d' " accompagner (les captifs) en Corse avec leurs familles " et surtout ils doivent " s'efforcer à les rendre des Français reconnaissants ".
Le 14 août, tout ce petit monde appareille de Marseille.
Le 15 août est célébré en mer, le lendemain.
Le jeudi 19, le navire arrive à Calvi, ancien préside gênois. Calvi civitas semper fidelis (Calvi toujours fidèle à Gênes). D'où la nécessité d'une grande opération de propagande pro-française. Opération réussie ; toute la ville est là : les Capucins et Recollets, le clergé séculier des deux paroisses de la cité, l'état-major du régiment de Beauvaisis, les élites locales. Le commandant de la place (le marquis de Chaponel) et l'évêque du diocèse reçoivent les Corses en grande pompe. Nouvelles processions, messes, Te Deum. Acclamations télécommandées : " Vive le Roi ".
Le samedi 21, les Corses rachetés sont à Saint-Florent. Nouvelles réceptions, toujours par l'autorité la plus haute du lieu : le commandant de la place. Puis le voyage s'achève - par voie de terre - (pour impressionner les populations quant à la " grandeur " et à la " bonté " du roi de France) jusqu'à Bastia où l'arrivée des captifs " produit une sensation avantageuse " (et souhaitée) au milieu d' " un grand concours de peuple ".
Réceptions encore du subdélégué général de l'intendant en Corse (M. Le Changeur) et des officiers municipaux, de l'évêque (Mgr Citadella), du clergé séculier et régulier (Capucins, Recollets, Cordeliers, Servites), du comte de Turpin (commandant à Bastia en l'absence de Marbeuf), de M. Régnier du Tillet, de M. le chevalier Caraffa, chevalier de Saint-Louis, prieur de la chapelle de la Miséricorde, des militaires et de " la musique militaire ", des officiers du Conseil Supérieur, de M. Baude, Président au Conseil Supérieur de Corse, de M. Joubeca (sic pour Giubega), greffier en chef des Etats de l'île de Corse, de MM. les chanoines de la cathédrale des Jésuites, des députés des Etats, des confréries des Pénitents.
Les offices religieux se succèdent : messe le dimanche 22 en l'oratoire Santa Crocce. Messe le 23 en l'église paroissiale Saint-Jean, pour le jour anniversaire de la naissance de Louis XVI. Messe le 25 (pour la Saint-Louis) dans l'oratoire de la Confrérie de la Miséricorde, etc (Te Deum, bénédiction du Saint-Sacrement). Les captifs furent logés au Séminaire où tout le monde leur demande " une fidélité inviolable pour le prince bienfaisant qui avait fait briser leurs chaînes ".

Texte extrait de La guerre de course en Méditerranée (1515-1830), colloque de Bonifacio (1999), textes réunis par Michel Vergé-Franceschi et Antoine-Marie Grazziani (une coédition PUPS/éditions Alain Piazzola, 2000 - pages 249 à 257)
http://www.lafoliedix-huitieme.eu/les-lys-leur-eclat/topic2300.html

1. Texte français revu par M. le conseiller de Caraffa in Bulletin de la Société des Sciences historiques et naturelles de la Corse, Bastia, 1886, nos 62 et 63, édit. Ollagnier, p. 163-218
2. Lettre du 28 juillet 1779, ibid, p. 175.
3. C'est le 6 février 1778 que Vergennes propose de signer un traité d'alliance et un traité de commerce entre la France et les USA déclarés indépendants depuis le 4 juillet 1776.
4. Voir notre Histoire de Corse, Paris, le Félin, rééd. 2000, t. II, p. 403-404
5. Lettre du 23 juillet 1779, citée in BSSHNC, fév.-mars 1886, fascicules 62 et 63, année 1886, p. 173.
6. Lettre de Sartine à Gache du 17 mai 1779. " Fin août, tout le monde se félicite de l'opération : Sartine, qui veut " faire valoir dans cette île cet acte de générosité et de bienfaisance de Sa Majesté " (Versailles, 9 août). Marbeuf, heureux de cette " mission très propre à faire bénir (en Corse) le Souverain " (Ajaccio, 29 août). Seule note discordante : l'évêque d'Aléria auquel personne ne rendit visite et qui prétend être à l'origine de la demande (chrétienne et non publicitaire) de rachat des captifs lors d'un séjour parisien (Cervione, 27 août).
Le 2 septembre, les derniers Corses libérés arrivent à Bonifacio (ancien préside gênois) à 6 heures du matin. Nouvelles manifestations populaires. " Notre entrée dans Bonifacio ressemblait à un triomphe ". Nouvelles réceptions : les officiers municipaux, le commandant de la place (M. de Mainbourg), le subdélégué de l'intendant et juge de Bonifacio (Rossi), le curé de Bonifacio, les confréries de Pénitents, le trésorier et directeur de la douane (M. Le Blanc).
Nouvelles processions, messes, Te Deum. Seuls, les quatre commissaires rédempteurs allèrent enfin présenter leurs respects à Marbeuf, resté prudemment à Ajaccio, en attendant que s'oublie quelque peu l'arrestation d'Abbatucci. Le dimanche 5 septembre, Marbeuf les accueille.
Nouvelles réceptions chez M. Souri (subdélégué de l'intendant), M. Ouvel (chargé des fortifications), M. Sbourlati (apothicaire). Illuminations et décharges de canon se succèdent devant Marbeuf, titulaire du grand cordon de Saint-Louis (depuis la veille !). Enfin, vint le départ des Rédempteurs le 8 septembre. Le 9, ils relâchent à Calvi. Le 11 à " Saint-Ouri " (sic pour Centuri). Le 12 à Bastia. Là, les Rédempteurs se séparent. Le Père de Villa gagne Toulon " sur le bateau de poste ". Les trois autres religieux gagnent " Livourne sur le bateau nommé La Conception, capitaine Semidei " (de Centuri). Ils y arrivèrent le 19.

 

Mis en ligne le 08 octobre 2012

 

     

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