ISTRIA
ISTRIA fut pendant plus de douze siècles un grand centre économique de la région danubienne. Les ruine de la cité grecque dominent l'immense étendue du la Sinoe.
La plus ancienne cité pontique. - Istria fut fondée au VIIe siècle avant J.C. par des colons grecs originaires de Milet, comme le sera plus tard, au Ve siècle, la cité de Tomis. Située dans un golfe bien abrité du Pont-Euxin, Istria se développa rapidement grâce à son commerce et devint un grand port exportateur de céréales, de miel, de poisson et d'esclaves destinés aux cités grecques d'Asie Mineure, aux îles et la Grèce continentale. En échange elle recevait de l'huile et du vin rec, des armes et de superbes vases peints de Rhodes, d'Athènes, de Corinthe et de Milet. Aux VIe et Ve siècles, ce négoce s'intensifia, contribuant par ses ressources à la transformation intérieure de la cité. L'une des réalisations essentielles fut la construction, dans la zone sacrée au N. E., d'un temple dédié à Zeus mis au jour, il y a quelques années, avec d'autres édifices religieux.
Istria romaine. - Durant les IIIe et IIe siècles avant J. C., Istria connaît des troubles économiques importants dus, en partie, à l'ensablement du port qui freine la navigation. Après la défaite que les romains infligèrent à Mithridate VI (72-71), allié aux cités pontiques, Istria tomba sous la domination romaine mais conserva une certaine autonomie administrative. Elle connut alors un regain de prospérité. Sur le plan urbain, cala se traduisit par de nouvelles constructions, notamment une série d'édifices dédiés à la gloire de Marc Aurèle et d'Antonin le Pieux, un atelier de céramique, plusieurs temples dédiées à Zeus, Apollon et Dionysos, et plus tard les thermes.
Reconstruite sur ses ruines. - En 248 après J. C., Istria fut entièrement détruite par les Goths qui étendirent leur domination sur la Dacie abandonnée par les armées romaines. Au cours des IVe et Ve siècles, on reconstruisit les cités de la Dobrogea, Istria, qui avait le plus souffert des destructions, se vit puissamment fortifiée à l'aide, faute de temps, des matériaux de l'ancienne cité dévastée : chapiteaux et architraves, stèles et colonnes furent englobées dans le nouveau mur d'enceinte. On pava les rues, on éleva des basiliques, des maisons en pierre, alors que renaissait un quartier commerçant avec ses ateliers et ses magasins. Peu à peu, la cité recouvra une existence et une activité normales.
Vers d'autres horizons. - Par suite de l'ensablement du port, qui interdisait progressivement toute navigation, la politique économique de la cité se transforma durant les Ve et VIe siècles. Abandonnant le commerce maritime, elle orienta son activité vers l'agriculture et un petit commerce avec l'intérieur.
De l'invasion de 587, conduite en Dobrogea par les Avars qui ravagèrent toute cette région, Istria semble être sortie indemne, mais le pays, en pleine effervescence, était complètement désorganisé.
La ville-fantôme. - Après 630, Istria fut abandonnée par ses habitants. On ne peut expliquer la cause réelle de cette émigration massive. Certains pensent qu'elle fut motivée par des raisons sociales et économiques.
Les premières fouilles furent entreprises entre 1914 et 1916, et poursuivies plus tard, entre 1921 et 1927, sous la direction du professeur Vasile Pîrvan. En 1948, les travaux de recherches reprirent sur une plus grande échelle : on dégagea de nombreux vestiges d'habitations, de basiliques et d'édifices publics. Aujourd'hui, le chantier de fouilles est toujours en activité, car une parie de l'antique cité demeure encore ensevelie.