La noblesse dans la république


Régime actuel.   Noblesse : 1955 le tribunal de grande instance (TGI) de la Seine affirme que « la noblesse est une qualité qui n'a plus d'effet juridique ». 1958 la Constitution confirme (en vertu du principe d'égalité affirmé par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26-8-1789, citée dans le préambule de la Constitution) qu'il ne peut exister en France ni nobles, ni noblesse, ni qualité nobiliaire, et même ni titres ou autres distinctions attachés à la naissance. Art. 2 : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. » En revanche, on peut se dire d'ascendance noble ou titrée. C'est ce qu'a autorisé le décret du 29-7-1967 reconnaissant d'utilité publique l'Association d'entraide de la noblesse française (ANF) en approuvant ses statuts, en particulier l'article 3 qui demande au candidat de justifier qu'il est issu en ligne masculine d'un auteur pourvu de la noblesse acquise et transmissible. Cela équivaut seulement à perpétuer un souvenir, comme le font par exemple les descendants des combattants français de la guerre d'Indépendance des États-Unis (Sté des Cincinnati), ou les descendants des Français libres de 1940-43 (Association des Français libres).

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  Particule   (de, du, d', de La, des). Elle servait, avant la Révolution, à désigner la terre possédée à titre de seigneurie par un noble ou celle possédée par un roturier, ou celle acquise en propriété, ou tout simplement le lieu d'origine. Elle n'a jamais impliqué la noblesse (décision de la Cour de cassation). 10 % des familles d'ascendance noble ont des noms sans particule. Un anobli n'avait pas « droit » à la particule et d'innombrables roturiers la possédaient. Elle attestait l'origine ou la propriété ou sous-entendait parfois « seigneur de » ou « sieur de » (ce qui n'impliquait pas nécessairement la noblesse : depuis l'ordonnance de 1579, un roturier pouvait acheter des fiefs et en devenir le seigneur sans devenir noble à condition de payer le droit de franc-fief) ; il s'est créé ainsi une caste de « personnes vivant noblement » (roturiers, gros propriétaires terriens). Ont un caractère honorifique, mais non nobiliaire, les particules concédées sous le second Empire (décret du 8-1-1859) et celles de noms de terre des familles dont un ascendant était encore le seigneur le 3-9-1789. L'usurpation de la particule est interdite par l'art. 259 § 3 du Code pénal.

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Ou :  Pas facile, la particule ! 10% environ des familles nobles n'en portent pas et des milliers de familles non nobles en portent ! Faites comme vous voulez avec les faux nobles, mais avec les vrais, voici quelques conseils d'usage. La particule n'est qu'une annexe du nom et ne se donne jamais par écrit ou par oral lorsque le nom est isolé. Exemple : on ne dit pas les de Gramont, mais les Gramont. On ne dit pas j'ai croisé de Gramont dans la rue, mais j'ai croisé Gramont. En revanche la particule est là lorsque le nom est assorti d'un prénom ou d'un titre : je vous présente Théodolphe de Gramont ou le comte de Gramont. Mais on dit la famille de Gramont.

Exemple récent et amusant avec la nomination de Dominique de Villepin comme premier ministre. Issu d'une famille bourgeoise, il n'est donc pas noble (comme de Gaulle). Mais son patronyme étant précédé d'une particule, les mêmes règles s'appliquent. On dit donc Monsieur de Villepin (ou Dominique pour les intimes) et Villepin si on veut le désigner. Et cela vient d'un usage ancré bien plus loin que la simple habitude médiatique et politique comme croit le savoir l'agence AP dans une dépêche du 31 mai 2005 ici reproduite : Villepin ou de Villepin? PARIS (AP) - Patronyme recherche particule, désespérément. La nomination de Dominique de Villepin mardi à Matignon relance une grave question récurrente : doit-on dire "Villepin" ou "de Villepin" ? Bien sûr, quand le nom est précédé du prénom ou du titre "Monsieur", la question ne se pose pas, et la particule est inévitable : on dit et on écrit "M. de Villepin", "Dominique de Villepin". Mais, en langage familier ou pour les titres des journaux, quand on ne conserve que le nom, l'usage médiatique et politique semble avoir choisi de faire sauter la particule : "Voilà maintenant Villepin dans le grand bain de la politique française" ("Le Monde" daté de mercredi). Idem pour "Libération", "Le Figaro", "Le Parisien" ou "Nice-Matin". LCI, après un moment de flottement, s'est rangée, elle aussi, à cette règle conventionnelle ce mardi : "Villepin Premier ministre", "Passation de pouvoirs entre Raffarin et Villepin". Dans les couloirs de l'Assemblée et les milieux politiques, Villepin est également cité sans son "de", lors des conversations entre hommes politiques ou journalistes. Dans la presse anglo-saxonne, qui s'embarrasse rarement de circonvolutions, le choix s'est vite arrêté sur "Villepin" tout court, même si une agence financière américaine a réussi l'exploit, dans la même dépêche, d'écrire "Villepin", "de Villepin" et même "De Villepin"... Bref, si l'affaire semble entendue pour le nouveau Premier ministre, se pose désormais une autre question : pourquoi, alors, dit-on systématiquement "de Gaulle" ou "d'Ornano", et presque toujours "de Villiers"? AP

Attention, il y a plein d'exceptions !

La particule revêt plusieurs formes : de, du, d', de La, la... Le du se donne même lorsque le nom est seul : on ne dit pas les Fresne, mais les du Fresne. Idem pour le d' : les d'Aboville et non les Aboville. Attention aux familles de La quelque chose : le de disparaît normalement lorsque le nom est seul, mais le LA reste ! On dit les la Tour et non les de La Tour, ni les Tour ! Autre subtilité : le la s'écrit La lorsque le nom est assorti du prénom ou d'un titre : Georges de La Tour, mais il s'écrit la lorsque le nom figure seul : les la Tour et non les La Tour.

Bon courage pour vous y retrouver ! Il va de soi que les nobles manient cela avec dextérité, mais cela a tendance à se perdre, surtout le La. (http://www.noblessedefrance.com/liste_des_2200.html)

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République : Ah, c'est le paradoxe de la noblesse qui a tenu tous ses avantages de la monarchie et qui est prête à se faire tuer pour la "Gueuse"... N'exagérons rien, les nobles sont prêts à donner leur sang pour la France tout court. Ils ont largement payé leur tribut dans tous les conflits des siècles passés, y compris récents : 14-18, 39-45, et pour des causes un peu moins glorieuses : l'Indochine, l'Algérie, voire le Golfe et la Bosnie... La République est bonne fille, puisqu'elle reconnaît officiellement les titres de la noblesse, oui vous avez bien lu ! Ce pauvre Giscard est bien allé à contre-courant lorsqu'il a fait supprimer tous les titres des enveloppes d'invitation envoyées par l'Elysée. Il a même demandé à son chef du protocole et à ses huissiers de ne plus annoncer les titres des visiteurs du palais de l'Elysée. Un comble pour un faux noble dont le père a bataillé toute sa vie pour reprendre un nom ayant l'apparence de la noblesse ! Oui, tout noble authentique peut parfaitement demander à porter son titre officiellement et le faire inscrire sur sa carte d'identité ! Certes, la démarche est un peu longue :


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